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Mado, Mozart and Co extrait

La scène se situe à la campagne. Dans une ferme, en hiver.

Ce matin de février, un amant de passage : Séphocle, revient frapper à la porte de Mado. Il veut lui déclarer son amour et son désir de vivre avec elle.  Mais, il tombe à un moment particulier et sans le soupçonner tout de suite, sur les deux autres amants de celle qu'il aime. Son ignorance quant aux au fonctionnement particulier du trio, va donner lieu à quelques quiproquos. Va-t-il réussir dans sa quête ?

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Acte I scène I extrait

MADO, un silence le temps de la surprise.

- Mais ! Séphocle ! Qu'est-ce que tu fais là ?  Pourquoi es-tu revenu ?

 

Séphocle grelotte, il pose son baluchon à terre qui ne pèse presque rien. Il est chaudement vêtu. Un peu malingre. Sa figure est triste, son air penaud.

 

SEPHOCLE

- Il fait froid dehors

 

Mado, elle hésite un instant, puis le fait entrer.

- Bon, entre une minute.  Tu as oublié quelque chose ? J'ai mille choses à faire !

(Ce disant, elle va à la cheminée y dépose une bûche, et remue un peu la braise. Comme si cette apparition était sans importance, et serait réglée très vite)

 

SEPHOCLE, il s'approche du feu, tend les bras vers les flammes, un instant, tandis que Mado est tout près de lui, il soulève une mèche de des cheveux. Caresse sa joue au passage

- Tu as mille choses à faire... J'ai … J'ai mille choses à te dire.

 

(Mado dégage sa main, le regarde, regarde ailleurs, un peu troublée, tout d'abord, mais elle reprend vite le dessus. Elle répond tout en s’agitant, au feu, à la cuisine, un peu nerveusement, pour se donner une contenance

MADO

- Vraiment. Non ! Tu tombes mal !

 

SEPHOCLE

- Te voir...

MADO

- Me voir...  Tu as décidé cela aujourd'hui. Justement ?

 

SEPHOCLE

- Je n'en pouvais plus d'attendre...

(sur le ton de la complainte, il se lance)

-  Je ne peux me passer de toi !...

Lorsque je ferme les paupières tu es là... je t'entends, je te vois, je te sens... je te vis... je suis heureux... Puis j’ouvre les yeux...  Tu n'es pas là... C'est un mal horrible... il me tord et l’âme et le corps. Alors, je retourne dans le noir pour éteindre ma douleur, atteindre ta lumière.

 

MADO

- Eh bien ! garde les yeux fermés sur cette vision de l'esprit, si tu es mieux ainsi.

 

SEPHOCLE, il s'est mis à genoux et supplie

- Mais tu ne vois donc pas que je meurs !

 

MADO, elle s'est arrêtée un instant et le regarde en face.

- Je sais que tu exagères. Je connais les gens comme toi. Ils inventent des malheurs puisqu'ils n'en ont pas. Si d'aventure c'est bien réel, ouvre les yeux, pleure, fais comme tout le monde. Ta réserve de larmes s'épuisera bien un jour et la douleur disparaîtra.

 

SEPHOCLE

- Cela ne se peut pas. Tu es ancrée en moi ! Tu m'as ensorcelé ! Ensorcelé !

 

MADO, elle a repris son activité

- Oh, oui ! C'est évident ! Une sorcière ! Qu'on me pende ! Qu'on me brûle ! Et toi, pauvre petite chose t’es laissé prendre à mon jeu pervers !

 

SEPHOCLE

- Non ! Et tu n'imagines pas le bien que j'éprouve à être là, devant toi.

 

MADO

-  Pourquoi es-tu parti alors ?

 

SEPHOCLE

- Pour cette même raison.

 

MADO

- Tu vois ? Tu es drôle toi !

 

SEPHOCLE

- Non ! Ne dis pas cela !  Je suis très malheureux.  Mais je préfère encore l’être ici, avec toi.

 

MADO

- Tu ne sais rien de moi !

 

SEPHOCLE

- Je sais que tu parles en dormant, je sais que tes narines frémissent lors qu'un rêve t'effleure, je sais que ta peau est aussi douce qu'un pétale de rose, je sais comme tu t'abandonnes à la nuit.

 

 

MADO

- Je ne t'ai rien promis ! Et Je ne t’aime pas plus aujourd'hui, qu'hier !

      ...

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